Confinement, jour 5

Cinquième jour de confinement, mes quelques sombres colères

C'était une journée sans travail. Alors j'ai tenté de me détendre un peu. Le travail me stresse pas mal ces derniers temps, donc... Vive le week-end. Vraiment. J'ai appelé ma grand-mère. Elle comprend qu'on ne lui rend pas visite. Elle qui est habituée à recevoir en permanence: avoir huit enfants, plus de 20 petits enfants, ça en fait des visites. Mais toujours rigoureuse, quand un médecin lui recommande quelque chose, elle écoute, elle exécute. Elle tousse toujours depuis les infarctus qu'elle a subit il y a quelques années.

Faut-il tout arrêter ?

Faut-il risquer de mettre le monde en pause ?

Les experts disent que c'est ce qui permettra d'arrêter rapidement l'épidémie, désengorger les hôpitaux. Plus ce sera fait, plus vite l'épidémie s'arrêtera. L'Italie vient de se décider à le faire, après avoir dépassé les 5000 morts. 5000 morts, c'est plus que le nombre de morts en Chine. Naturellement ce nombre va croître, car les malades sont nombreux, certains vont guérir, d'autres non. On le sait.

Nombreuses sont les entreprises capables de faire du télétravail à condamner leurs employés à venir sur place. Tout ceci est d'une absurdité. Sans compter les "uberisés" précaires comme jamais, j'ai cherché une caisse de solidarité pour ces travailleurs/travailleuses, je n'ai rien trouvé pour l'instant.

Ma mère est sortie faire les courses hier, et ça la rend anxieuse. Nous voilà méfiant du contact humain le plus lointain, qu'elle chose étrange qui me pousse à vouloir enlacer tout le monde. Sans pouvoir le faire. Un mètre de distance qui se transforment en barricade. Sans doute pour le meilleur, tout ça n'est que provisoire. Pourvu que ce le soit. Je ne veux pas revenir au statu quo. Je crains juste la venue du pire. Nique le statu quo. Il laissait derrière bien trop de gens.

Panique, un peu. Panique, beaucoup.

Pourtant, j'ai appris une bien bonne nouvelle dans cet amas de pourriture. Mon amie n'aurait semble-t-il pas de lymphome. J'ai un peu pleuré quand elle me l'a annoncé. Une source d'inquiétude en moins, et pas des moindres.

Je leur en veux. Je leur en veux d'avoir détruit l'hôpital. D'avoir petit à petit poussé le système de santé dans ses limites. Je leur en veux de faire un plan massif de financement uniquement pour les entreprises et de pas déployer, j'ai l'impression, toute la force nécessaire pour ajouter de nouveaux lits. Peut-être n'est-ce pas possible. Pas dans l'urgence. Mais que faire, alors ? Et ma sœur, qui va accoucher dans ce tumulte ?

Le temps était gris, aujourd'hui. Menaçant. Le vent soufflait et dans l'air, planait ma colère, mes pensées sombres, comme retenues mais s'échappant par bourrasques. J'aimerais dormir maintenant. Je ne sais pas clore cet article. Je ne sais pas si ce blog mérite d'être tenu car au fond, mes journées n'ont pas grand intérêt, ce que je dis est entendu et je suis loin d'être certain de pouvoir exprimer ce que je pense.